Variation sur Théodore Lillo, 6 bis

Suite de l’entretien avec Dom

Le plus dur sans internet, mobile, etc ?

L’administratif. Pôle Emploi pour l’intermittence, sans internet c’est compliqué. La dernière fois, il y a fallu que je fasse une rectification. J’ai téléphoné mais je ne pouvais pas la faire par téléphone.
Quand les gens n’ont pas de sonnettes, c’est aussi un problème. Parfois, je reviens chez moi pour vérifier que les gens n’ont pas laissé de message.
Le covoiturage ça c’est impossible. C’est vrai que, parfois, tu t’empêches de faire des trucs.
Mais bon, je n’ai pas de carte bleue non plus et ça c’est beaucoup plus compliqué.

Des anecdotes ?

Difficile, je suis plongé dedans, c’est mon quotidien, j’sais pas comment les autres font. Mais la tranquillité que je gagne à être en dehors de tout ça : je suis pas pressé. Prendre son temps, la possibilité de perdre son temps, parce que j’ai pas ces trucs-là, ça ne m’a jamais fait peur. J’ai un rapport précieux au temps.
On peut fonctionner comme ça en tout cas, j’en suis la preuve.

Tu connais d’autres gens que toi ?

Pas beaucoup. Même les amis qui n’avaient pas de portable ont fini par en avoir un. Même ma mère a commencé à prendre des cours d’informatique. J’ai appris que j’étais devenu un sujet de conversation.
En fait, c’est la notion de choix que je défends dans la vie : comment les gens n’ont même pas idée qu’on puisse faire le choix de ne pas avoir envie, je trouve ça fascinant.